Jean Ping sur France 24 ce 23/11/2016 Que des contradictions!

«Nous n’irons pas au dialogue proposé par Ali Bongo (…) Nous organiserons notre propre dialogue lorsque nous serons installés au pouvoir » Mais mais mais ! Nous participerons (probablement) aux élections législatives organisées par le pouvoir que nous prétendons pourtant ne pas reconnaitre! Le tout pour finir avec un lapsus (presque) révélateur «tout le monde penche pour la participation à ce dialogue».

Soyons cohérents ! Comment peut-on parler d’aller aux législatives sans avoir préalablement fait le bilan de la présidentielle? Comment peut-on parler d’aborder une nouvelle échéance électorale avec le régime sans avoir pris le temps d’identifier puis rectifier ce qui, dans le système électoral actuel, n’aurait pas fonctionné lors des dernières consultations? Comment peut-on espérer gagner des élections législatives à tour unique organisées dans les mêmes conditions que la présidentielle, avec le même système électoral, les mêmes institutions et les mêmes tripatouilleurs encore à la tête de ces institutions, ces gens qui ont inversé les résultats de la présidentielle d’Aout dernier?

Soyons cohérents ! On ne peut ne pas reconnaitre le régime en place mais paradoxalement accepter de prendre part à des consultations électorales convoquées par ce même régime. De même, on ne peut, après la farce électorale que nous avons connue en Aout dernier, refuser le dialogue proposé par Ali Bongo mais accepter de participer à des élections organisées par ce dernier dans les mêmes conditions que les précédentes. Sinon, à quel résultat devrait-on s’attendre si ce n’est un énième échec?

Etre cohérent c’est: 1) Accepter de participer au dialogue proposé par Ali Bongo dans le but d’obtenir la mise en place des mécanismes qui garantiraient le minimum de transparence électorale pour les consultations futures. Ce dialogue devrait donc être perçu comme une opportunité pour mettre à plat les institutions de la république, revisiter le système électoral, le découpage et la liste électoral etc. afin d’aborder les législatives, et les élections à venir, dans un environnement électoral plus ou moins équitable.

De ce dialogue pourrait également aboutir à la mise en place d’un gouvernement dirigé, de préférence, par un premier ministre issu des rangs de l’opposition. Ce gouvernement accepté de tous aura exclusivement pour missions d’organiser les élections législatives et rendra sa démission à l’issue de desdits élections pour faire place au gouvernement formé par le parti qui sortira vainqueur de ces consultations. Ce n’est qu’ainsi que l’opposition pourrait s’assurer au moins de faire un bon score aux prochaines élections législatives. Accepter d’aller aux prochaines élections législatives sans remettre en cause ce qui n’ont pas fonctionné lors de la présidentielle reviendrait à aller à une énième aventure électorale sans issus.

Etre cohérent c’est: 2) Refuser tout contact avec le régime c’est-à-dire n’aller ni au dialogue d’Ali Bongo, ni à une quelconque élection organisée par ce régime. C’est ainsi l’un ou l’autre. Soyons donc cohérents !

Curtis Mabika

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