Le camp Jean Ping et ses contradictions

Jean Ping et son monde refusent, sans détours et de manière catégorique, le dialogue proposé par Ali Bongo mais disent, paradoxalement, être en train d’étudier la possibilité de prendre part aux législatives organisées par le même régime dont ils disent ne pas reconnaitre. Ainsi, Ali Bongo ne serait assassin que lorsqu’il s’agit de dialogue. Quand viennent les législatives, Jean Ping et sa bande considèrent qu’’Ali n’est plus, subitement, le dangereux criminel avec lequel il ne faut pas composer d’où il faut se concerter et étudier la possibilité de participation ou non à ces élections.

Comment peut-on envisager d’aller aux législatives sans avoir préalablement fait le bilan de la présidentielle? Comment peut-on parler d’aborder une nouvelle échéance électorale avec le régime sans avoir pris le temps d’identifier puis rectifier ce qui, dans le système électoral actuel, n’aurait pas fonctionné lors des dernières consultations? Comment peut-on espérer gagner des élections législatives à tour unique organisées dans les mêmes conditions que la présidentielle, avec le même système électoral, les mêmes institutions et les mêmes tripatouilleurs encore à la tête de ces institutions, ces gens qui ont inversé les résultats de la présidentielle d’Aout dernier?

Soyons cohérents ! On ne peut ne pas reconnaitre le régime en place mais paradoxalement accepter de prendre part à des consultations électorales convoquées par ce même régime. De même, on ne peut, après la farce électorale que nous avons connue en Aout dernier, refuser le dialogue proposé par Ali Bongo mais accepter de participer à des élections organisées par ce dernier dans les mêmes conditions que les précédentes. Sinon, à quel résultat devrait-on s’attendre si ce n’est un énième échec?

Que les gens remettent les pieds sur terre, le système électoral, la liste électorale,  le découpage électoral, les institutions de la république, rien de tout ça n’est favorable à l’opposition. Une victoire de cette opposition à une quelconque élection organisée dans les conditions actuelles n’est, tout simplement, pas possible. C’est ainsi fait! Pour espérer décrocher un nombre raisonnable (voire la majorité) de sièges à l’Assemblée Nationale, il faut, à l’opposition,  passer par des négociations avec le pouvoir afin d’exiger la révisons du système électoral,  la refonte des institutions etc.

Ainsi, être cohérent c’est: 1) Accepter de participer au dialogue proposé par Ali Bongo dans le but d’obtenir la mise en place des mécanismes qui garantiraient le minimum de transparence électorale pour les consultations futures. Ce dialogue devrait donc être perçu comme une opportunité pour mettre à plat les institutions de la république, revisiter le système électoral, le découpage et la liste électoral etc. afin d’aborder les législatives, et les élections à venir, dans un environnement électoral plus ou moins équitable.

De ce dialogue pourrait également aboutir à la mise en place d’un gouvernement dirigé, de préférence, par un premier ministre issu des rangs de l’opposition. Ce gouvernement accepté de tous aura exclusivement pour missions d’organiser les élections législatives et rendra sa démission à l’issue de desdits élections pour faire place au gouvernement formé par le parti qui sortira vainqueur de ces consultations. Ce n’est qu’ainsi que l’opposition pourrait s’assurer au moins de faire un bon score aux prochaines élections législatives. Accepter d’aller aux prochaines élections législatives sans remettre en cause ce qui n’ont pas fonctionné lors de la présidentielle reviendrait à aller à une énième aventure électorale sans issus.

Etre cohérent c’est: 2) C’est rester droit dans ses bottes et refuser tout contact avec le régime c’est-à-dire n’aller ni au dialogue avec Ali Bongo, ni à une quelconque élection organisée par ce régime. C’est ainsi l’un ou l’autre. Soyons donc cohérents !

Curtis Mabika

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