Sanctions ciblées de l’UE ou la désillusion d’un carnet d’adresse

Ceux qui, lors dernière élection présidentielle, s’étaient vu obliger, en lieu et place d’un projet de société convainquant, d’utiliser la ruse du carnet d’adresse pour atteindre leurs objectifs, avaient reposé tout leurs espoirs sur la réunion des  parlementaires européens de ce mercredi 2 février 2017.

En effet, allant de déception en déception, les partisans de M Jean Ping, se rendant peu à peu compte de la supercherie du carnet d’adresse,  avaient récemment revu à la baisse leurs expectations à l’endroit de l’hypocrite communauté internationale. Ainsi, ceux qui au départ laissaient croire au gabonais que, grâce à leur carnet d’adresse, la communauté internationale viendrait mettre fin au règne des Bongo pour les installer au pouvoir, semblent depuis un moment se résoudre à accepter la réalité en réclamant de l’Union Européenne, non plus qu’elle vienne déloger Ali Bongo, mais plutôt, en guise de consolation, que de simples « sanctions ciblées » soient votées contre des membres de l’entourage d’Ali Bongo.

Quoique légitime et justifiée, cette demande de Jean Ping et ses partisans s’est malheureusement heurtée au véto de cette France qui paradoxalement avait, au travers de la théorie du carnet d’adresse, été présentée aux gabonais comme étant un allié de Jean Ping.

Les réactions des pinguistes, sur les réseaux sociaux, ne se sont évidemment pas faites attendre. De quoi se plaignent donc les partisans de Jean Ping? Le carnet d’adresse dont-ils ont été les chantres dans le but d’imposer la candidature de leur champion, n’avait-il pas pour objectif de rallier cette même France à leur cause?

«  Hollande, vous avez dit que la France n’avait pas de candidat au Gabon, aujourd’hui vous avez démontré le contraire » pouvait-on lire sur tweeter. C’est peut-être l’occasion de rappeler aux pinguistes que la France qui tient à conserver ses intérêts dans notre pays, ne peut appliquer la neutralité dans un processus électoral au Gabon. Quand donc on dit détenir un carnet d’adresse et que la France vous dit qu’elle n’a pas de candidat, ce qu’elle vous mène tout simplement en bateau.

Que l’on comprenne que quand on réduit une élection présidentielle à une bataille de carnets d’adresse on doit rester cohérent et accepter que le carnet d’adresse le plus à jour  l’a tout simplement emportée. Au lieu donc que des gens passent des nuits blanches à se plaindre, ils feraient mieux de réfléchir sur de nouvelles stratégies qui leur permettraient de rebondir. Pour cela, les uns et les autres devraient commencer par sortir de l’enferment Bongo-Bongo. Bongo dans l’opposition, Bongo au PDG. Soutenir un disciple d’Omar Bongo quelque soit sont bord politique, c’est contribuer à la prise en otage du pays par les Bongo des deux camps.

J’ose croire qu’après cette énième gifle de la France, qui sonne le glas de la fantaisie du carnet d’adresse, plus personne ne nous dira que des forces étrangères viendront enlever Ali Bongo du pouvoir.

La réalité est que nous sommes partis pour 7 années supplémentaires avec Ali Bongo à la tête du Gabon si nous nous ne prenons pas nos responsabilités en organisant un soulèvement populaire qui mettrait fin au régime moribond des Bongo.

L’insurrection dont nous parlons ne ferait l’unanimité que si certains se débarrassent des considérations telles que les « président élu dans un système dictatorial». Nous devons nous battre non pas pour installer un individu au pouvoir mais pour faire de notre pays un véritable Etat de droit nettoyé de tous les bongoistes tapis aussi bien dans l’opposition qu’au PDG.

Curtis Mabika

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